Théâtre des Champs-Élysées


Le théâtre des Champs-Élysées est une salle de spectacle propriété de la Caisse des dépôts et consignations depuis 1970.
Le bâtiment abrite en réalité trois salles : le Théâtre des Champs-Élysées (1 905 places), la Comédie des Champs-Élysées (601 places) et le Studio des Champs-Élysées (230 places). C'est un bâtiment construit en 1913 de style mixte art déco et classique abritant trois salles de spectacle et un restaurant au sommet aligné sur les immeubles voisins de trois niveaux.
Il était initialement prévu que la structure soit en acier, ce qui avait poussé son premier directeur, Gabriel Astruc, à choisir les architectes Henry Fivaz et Roger Bouvard. En 1910, Henry Van de Velde est appuyé à Bouvard. Van de Velde fait la connaissance d'Auguste Perret un an après ; c'est alors que l    a structure fut envisagée en béton. Ayant fait appel à l'entreprise Perret pour l'ossature en béton, Van de Velde fut finalement évincé du projet. Auguste Perret transigea un peu avec ses principes : s'il affirma ultérieurement que le « béton se suffit à lui-même », il a ici habillé la façade de plaques de travertin et le cadre de scène de plaques de marbre de l'Allier, où sont intégrés les exceptionnels bas-reliefs en marbre blanc de Bourdelle. Les quatre groupes de poteaux intérieurs ont été laissés visibles. La façade est classée aux monuments historiques.
Le Conseil d’État a décidé le 16 décembre 1994 que la surélévation de 1 000 m2 pour le restaurant devait donner lieu à un permis de construire et pas seulement une déclaration de travaux, ce restaurant n'existe toujours pas administrativement.
Le bâtiment comporte trois salles de spectacles : une grande salle à l’italienne de 1905 places, dédiée à l'opéra et à la musique ; une salle moyenne de 601 places (la Comédie) et une petite de 230 places (le Studio), toutes deux consacrées au théâtre.
La décoration intérieure du théâtre comporte quelques œuvres de Bourdelle (bronze et fresques). Maurice Denis réalisa la décoration de la coupole de (1910-1912) : L'Orchestique grecque, L'Opéra, La Symphonie, Le Drame lyrique, séparés par des tondi illustrant Le Chœur, L'Orchestre, La Sonate et L'Orgue. Les peintres Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel et Jacqueline Marval (1866-1932) ont également contribué au décor.
Haut lieu de la musique classique à Paris (avec la salle Pleyel, la Cité de la musique et la salle Gaveau), le Théâtre des Champs-Élysées a accueilli de nombreux orchestres symphoniques tels l'orchestre philharmonique de Vienne, de Munich, de New York, l'orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise ou l'orchestre royal du Concertgebouw. L’Orchestre national de France y est actuellement en résidence.
Il a été inauguré le 2 avril 1913 par un concert de musique française avec la participation de Camille Saint-Saëns : La Mer de Claude Debussy, L'Apprenti sorcier de Paul Dukas et le Prélude de Fervaal de Vincent d'Indy (toutes œuvres dirigées par les compositeurs eux-mêmes) et la création de l'Ode à la musique d’Emmanuel Chabrier, sous la direction de Désiré-Émile Inghelbrecht. Le 31 mars, le faisceau de la tour Eiffel éclaire exceptionnellement la façade du théâtre.
C'est dans cette salle qu'eurent lieu en particulier deux créations mondiales qui firent scandale : la première fut la création du Sacre du printemps d'Igor Stravinsky le 29 mai 1913 sous la direction de Pierre Monteux qui suscita un formidable tollé où détracteurs et adjuvants en vinrent aux mains ; la deuxième fut la création de la vraie première œuvre musicale « mixte » (une œuvre pour instruments de musique et dispositif électroacoustique) : Déserts d'Edgard Varèse le 2 décembre 1954 avec Pierre Henry à la bande magnétique et Hermann Scherchen à la baguette. Le choc inspiré par les interpolations provoqua huées, rires et quolibets. Le scandale qui en résulta fut comparable à celui du Sacre 41 ans et demi plus tôt.
En 1920, Jacques Hébertot loue la salle de la Comédie pour trois soirs (25-27 mars), engage un orchestre de 45 musiciens sous la direction de Désiré-Émile Inghelbrecht et présente les Ballets suédois qu'il a découvert lors d'une tournée en Scandinavie l'année précédente. Sans aucun décor, Jean Börlin, chorégraphe de la compagnie et compagnon de son directeur, le mécène Rolf de Maré, danse plusieurs compositions, notamment Danse céleste inspirée du Siam et Sculpture nègre d'inspiration cubiste où il se transforme en statue africaine. C'est un grand succès. Rolf de Maré charge Hébertot de trouver à Paris une vaste salle pour y présenter de façon régulière ses Ballets.
Après avoir tenté de signer avec l'Opéra de Paris et le théâtre Sarah-Bernhardt, Hébertot prend à son nom le bail des deux salles (Grand théâtre et Comédie) le 1er août 1920. Le Théâtre sera désormais la base parisienne des Ballets suédois, Rolf de Maré se consacrant à leurs tournées mondiales, tandis que Jacques Hébertot continue d'animer les deux salles parisiennes, désormais sous sa responsabilité. Le lieu va rapidement devenir un foyer artistique de premier ordre, en particulier dans les domaines théâtral et musical, réunissant en quatre ans des personnalités de grande qualité : metteurs en scène (Georges et Ludmilla Pitoëff, Louis Jouvet, Gaston Baty), auteurs (Jean Cocteau, Paul Claudel, Blaise Cendrars, Francis Picabia, Anton Tchekhov, Jules Romains, Luigi Pirandello), compositeurs (Francis Poulenc, Darius Milhaud, Georges Auric, Germaine Tailleferre, Erik Satie).
À la suite de problèmes financiers, Hébertot se brouille avec Rolf de Maré et quitte le théâtre en 1925, abandonnant la direction de la Comédie à Louis Jouvet, celle du Studio à Gaston Baty. De Maré fait de la grande salle un music-hall et programme dès octobre une nouvelle attraction : les Black Birds et les danseurs de la Revue nègre. 
De 1949 à 1978, le Théâtre des Champs-Élysées a accueilli les Musigrains, des cycles de concerts-conférences pédagogiques fondés par Germaine Arbeau-Bonnefoy (1893-1986), axés sur la musique classique avec des incursions dans la musique contemporaine, la danse classique ou moderne, le folklore et le jazz.
En 2005, une rénovation de la salle est entreprise pour corriger une acoustique jugée « trop dure ». Selon un rapport du ministère de la Culture, deux tiers des places offrent des conditions satisfaisantes de visibilité. En 2008, son directeur Dominique Meyer fait remplacer la moquette de l'orchestre et de la corbeille par du parquet, afin d'améliorer l'acoustique de la salle. Un nouveau décor de concert en bois est conçu, la fosse d'orchestre et les dessous de scène sont réaménagés.
En 2010, 50 théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont font partie le Théâtre, la Comédie et le Studio des Champs-Élysées, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés.
La salle de la Comédie est inaugurée le 3 avril 1913 avec la création de L'Exilée d'Henry Kistemaeckers, suivie de la revue de Jean Bastia, En douce, avec Mistinguett. En 1914, reprise de L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel mise en scène par Lugné-Poe, en alternance avec La Gloire ambulancière et Le Poulailler, deux pièces de Tristan Bernard. En 1920, L'Enfantement du mort de Marcel L'Herbier, puis Le Bœuf sur le toit de Jean Cocteau et Darius Milhaud.
Sous la direction de Jacques Hébertot, la salle prend le nom de Comédie-Montaigne. Firmin Gémier crée Le Simoun d'Henri-René Lenormand le 21 décembre 1920, Gaston Baty Les Amants puérils de Fernand Crommelynck le 14 mars 1921 et Le Héros et le soldat de George Bernard Shaw. En 1922, au départ de Gémier pour la direction du théâtre de l'Odéon, Hébertot installe à la Comédie Georges Pitoëff et sa troupe (dont Michel Simon). En 1924, la troupe quitte la Comédie pour le théâtre du Vieux-Colombier.
Louis Jouvet prend la direction de la Comédie au départ d'Hébertot en 1925 ; il y créé Siegfried, Amphitryon 38 et Intermezzo de Jean Giraudoux.
En juillet 1926, la salle accueille la première projection en France du film allemand Les Aventures du prince Ahmed, de Lotte Reiniger, une œuvre pionnière du cinéma d'animation.
Jouvet en part en 1934 pour le théâtre de l'Athénée. Jean Sarrus lui succède, puis Roger Capgras en 1936. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Comédie reste un théâtre sous la responsabilité de la Société des Auteurs. En 1944, Claude Sainval et Roland Piétri dirigent ensemble le théâtre jusqu'en 1948. Claude Sainval reste seul directeur jusqu'en 1977, ajoutant la direction du Studio à ses prérogatives à partir de 1966. Guy Descaux le remplace jusqu'en novembre 1992, suivi de Jacqueline Cormier puis du metteur en scène Michel Fagadau qui dirige la Comédie et le Studio de 1994 à sa mort, en 2011. Sa fille, Stéphanie, prend sa succession.
En 1923, Jacques Hébertot décide de transformer la Galerie Montaigne où sont organisées des expositions (dont la première consacrée à Modigliani et les premières manifestations Dada) en une salle de spectacles dédiée au théâtre d'essai. L'aménagement est confié à Louis Jouvet, la direction artistique à Kommisarjevski puis Gaston Baty du 28 mars 1924 au 14 avril 1928.
Lui succèdent Camille Corney en 1928, Gérard Batbedat en 1931, Louis Ducreux et Paul Alain en 1943 et Maurice Jacquemont en 1944.
De 1960 à 1965, Antoine Bourseiller assure la direction artistique. Depuis 1966, la direction est assurée par les directeurs de la Comédie des Champs-Élysées : Claude Sainval, Guy Descaux, Jacqueline Cormier, Michel Fagadau (assisté par Viviane Elbaz de 1997 à 2005) et Stéphanie Fagadau-Mercier.